Tout est si complexe

Tout est si compliqué pour moi en ce moment………..

J’ai envie de venir écrire ici chaque jour pourtant tout se mélange, tant de choses à dire, tant de choses se passent en moi que je ne sais comment faire. Et puis cela intéresse qui ? Oui, je me renferme je le sais. Sans doute n’est-ce qu’une période, un moment à passer, je l’espère.

Mon cerveau n’arrête jamais, je lui ai donné une légitimité en découvrant ma suréfficience, je sais que je suis ainsi et que je dois laisser mon cerveau chercher, fouiller, réfléchir, avancer à son rythme même s’il m’épuise. Mais souvent il trouve les solutions, il fait remonter les souvenirs dont j’ai besoin à ma mémoire.

Après 30 ans passés avec des psys qui ne m’ont pas vraiment aidée, qui n’ont pas tenu compte de qui j’étais je découvre en même temps que cette suréfficience mon syndrome d’abandon qui n’est pas de l’agoraphobie. Alors oui parfois ces longues discussions en thérapies étaient agréables, cool, parfois j’avançais dans la compréhension, mon cerveau tournait à plein régime oui mais voilà, mes émotions elles étaient bien ensevelies au plus profond de moi, bien au chaud. Je menais sans doute en bateau ces thérapeutes par mon intelligence et je n’allais pas où je ne voulais aller, c’est à dire dans mes émotions profondes d’enfant. Je les frôlais, je les titillais mais je ne les sortais pas.

Aujourd’hui tout est différent. Je fais avec ma suréfficience et une psy qui sait comment me parler, à qui je ne peux pas « la faire » comme je veux. Elle est jeune, douce, aimante et elle m’amène là où je ne voulais pas aller. J’ai ouvert la boîte de Pandore et j’ai peur. Toutes les émotions d’enfance ressortent, j’ai passé des jours plongée dans mon enfance à pleurer, j’ai rencontré en vrai la petite fille que j’étais et qui avait si peur, j’ai revécu tant de choses pourtant ma peur est toujours là, plus handicapante que jamais.  Mais je ne recule plus, je n’ai plus envie de tous les stratagèmes inventés jusqu’à aujourd’hui pour ne pas être seule. Je veux laisser mon entourage vivre presque à sa guise et pourtant parfois j’en crève. Ho ce n’est pas gagné, loin de là, cet été j’ai accompli plus de choses que je n’en accompli aujourd’hui parce que j’étais entourée de mes amis. J’ai l’impression de reculer depuis que j’ai pris conscience de ce syndrome hyper puissant d’abandon. Je dois trouver la solution pour en sortir.

Alors je travaille sans cesse sur moi, je ne sais pas faire autrement. Mais tant de questions se bousculent : est-ce ce que je dois faire ? Fais-je comme il faut ? Et si je me complaisais dans mes peurs et mes pleurs ? Et si j’avais tout faux ? Et si ça ne s’arrêtait jamais ? Et si je restais toujours à ce stade de peur intense ? Toutes ces questions et tant d’autres me laissent épuisée, je me lève angoissée, je suis angoissée toute la journée. Je ne voulais pas ouvrir cette boîte de Pandore, cette boîte où tout était bien (ou mal vu mes attaques de panique) planqué, à présent qu’elle est ouverte que va-t-il arriver ? Vais-je réussir à guérir ?

Et pour combler le tout mon mari suit aussi une thérapie pour soigner ses propres blessures d’enfance, nous nous entraidons mais parfois nos thérapies s’entrecroisent, s’entrechoquent et chacun fait remonter des souvenirs chez l’autre. Nous nous accrochons parce que nous voulons un avenir lavé de toutes ces souffrances mais tout ceci est si fatigant, tellement fatigant………….

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Jolie rencontre

Dans cet été compliqué pour moi avec tout ce que j’ai du surmonter de peur, de découverte sur moi, de visites aussi et pour finir cette dispute avec mon amie d’enfance, j’ai eu la chance de vivre une jolie rencontre tout à fait inattendue……..

Le lendemain du départ précipité de mon amie, j’ai eu envie d’aller acheter un livre dans un des centres culturels de supermarché à côté de chez moi. Le genre du livre a son importance puisqu’il s’agit d’un livre de psycho qui explique comment vivre avec sa suréfficence. Je rentre donc à la recherche du fameux livre mais bien sûr je ne trouve que les livres sentimentaux, les romans policiers ou régionaux mais impossible de trouver le rayon psycho. Au moment de quitter le magasin un peu dépitée, un jeune vendeur vient à moi pour me demander ce que je cherchais. Je reste évasive et lui dit que je cherche le rayon psycho ou comme on dit aujourd’hui « développement personnel ». Il m’amène devant un tout petit rayon ridicule en me disant : « oui ils mettent tout et n’importe quoi ici, ils ne comprennent pas la différence entre psycho, socio ou autres ! ». Et nous nous mettons à discuter un peu amour des livres, rejet des liseuses numériques etc. Et dans ma tête une petite alarme commence à clignoter mais, comme toujours, je ne me fais pas assez confiance. Ce jeune garçon (moins de 25 ans) ne parle pas comme un jeune classique, il parle comme moi……………

Alors au bout de quelques minutes où nous faisons semblant de chercher le livre en question je tente ce que l’alarme dans mon cerveau essaye de me faire comprendre et je lui dit que je chercherai le livre sur le net parce que découvrir à 50 ans que l’on est surdouée est difficile à vivre mais que j’avance dans mon travail personnel. Et là ce grand gaillard d’1m80 me dit d’une petite voix : « ha, vous aussi………….. ». Et comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse, je me retourne vers lui et lui demande d’une aussi petite voix : « vous êtes surdoué vous aussi ? ». Et bien sûr il me répond oui.

La scène pourrait être comique vue de l’extérieur mais ce fut un moment magique. Durant 10 minutes j’ai oublié mon mari qui attendait dehors, lui a oublié les rares clients qui entraient et nous avons parlé, échangé, discuté. J’avais pour la première fois quelqu’un en face de moi qui parlait ma langue, on se comprenait à demi mots, à demi phrases, c’était fantastique pour moi. Nous avons eu les larmes aux yeux en avouant nos difficultés face au monde, aux autres, face à notre différence, notre difficulté à être compris depuis la plus tendre enfance etc….. Lui vit en couple avec une autre surefficiente mentale, il se sent compris et moins seule. Ce devait être drôle de voir ce grand garçon barbu de 25 ans et cette petite femme aux cheveux blancs de 51 ans parler ainsi au milieu d’un petit magasin comme si plus rien ne comptait !

Et puis j’ai vu mon mari rentrer dans le magasin, inquiet de ne plus me voir sortir et j’ai interrompu cette discussion. Nous nous sommes remercié de ce moment entre parenthèse et je suis repartie complètement retournée ! Durant mes courses mon mari m’a suggérée de m’arrêter au retour pour lui laisser mon numéro de téléphone pour que nous puissions nous revoir pour parler. Mais arrivés à la caisse c’est lui qui était là et là encore la magie a eu lieu pour moi puisque nous avons continué à échanger un peu et j’ai pu voir quelqu’un qui agissait comme moi, faisait mille choses en même temps et j’ai proposé de lui laisser mon numéro pour que lui et sa copine puissent, s’ils le souhaitaient, entrer en contact avec moi pour discuter. Il a accepté avec plaisir même si je sais qu’il y a peu de chances qu’il ne me rappelle, enfin je le crois.

Mais cette rencontre m’a redonné confiance en moi, en la vie. Il y a d’autres surefficients qui se promènent en liberté partout, j’en connais 1 ou 2 mais qui sont devenus aigris et amers ce qui ne me va pas du tout, alors oui, mon mari a raison, j’ai besoin de parler avec d’autres gens « comme moi » et il faut que j’apprenne à les reconnaître, on ne sait jamais……………….

Différente

Parfois ceux qui ne me connaissent pas ou peu me demandent pourquoi je me sens différente.

Qu’il est difficile de répondre honnêtement sans être insultante pour les autres……….

Les « miens », mon mari, ma fille savent en quoi je suis différente parce qu’évidemment cela ne se voit pas sur moi directement et j’ai la grande chance d’avoir ces deux êtres là (et très peu d’autres, 1 ou 2) qui m’acceptent comme je suis.

Alors je me pose la question après avoir lu beaucoup beaucoup sur les suréfficients (ou surdoués ou zèbres ou ce que vous voulez). Je me suis toujours sentie profondément seule et souvent très triste. Seule parce que je sentais que ma façon de penser, de réagir, de répondre, de parler, mes centres d’intérêt aussi n’étaient pas partagés et m’isolaient du « groupe ». Non seulement ils n’étaient pas compris et pas partagés mais surtout ils dérangeaient énormément ! Qui est cette enfant-adolescente-adulte qui met le doigt sur ce que l’on cherche à dissimuler, qui voit ce que nous-même ne voulons pas voir, qui a des avis tranchés et de la suite dans les idées ? Alors tout ceci me rendait triste parce qu’au lieu de reconnaître mes facultés on me reprochait de me prendre au sérieux, d’être arrogante, de me croire supérieure, d’être moralisatrice et j’en passe……………. Cela pourrait être comique quand on sait à quel point je manque de confiance en moi !

Il y a aussi le fait que je ne sais pas ou très mal avoir des discussions « superficielles », ce que sont la plupart des discussions avec des gens que l’on fréquente ou même lors de repas de famille. Non, je ne sais pas. Je n’arrive à discuter que de choses profondes ou alors de choses qui me passionnent comme le cinéma ou la littérature et même la politique. Parlez du temps qu’il fait m’ennuie profondément !

Mon sens des valeurs, de l’éducation des enfants par exemple, de la politesse, de la correction est sans doute sans nuances, tout d’un bloc et j’ai du mal à être tolérante parfois quand je vois l’incohérence des gens.

Mais aux dires de mon mari et ma fille je suis fatigante aussi parce que j’arrête très peu de penser, mon cerveau est en ébullition permanente et surtout sur plusieurs sujets à la fois…………………..

Alors oui, 6 mois après avoir découvert ma suréfficience je me demande ce qu’elle peut m’apporter de bon. D’abord il y a eu le choc de la découverte puis le soulagement de savoir que nous étions un certain nombre à être « ainsi » et puis à présent je me rends compte que je suis plutôt seule à cause d’elle, que je ne peux comprendre une bonne majorité des gens et qu’en plus ils ne peuvent ou ne veulent absolument pas me comprendre moi avec mes excès de sensibilité, de fragilité mais aussi ma force de combat ou ma façon de penser.

Quand arriverai-je à faire de cette suréfficience une force, un atout qui ne me fera plus souffrir et à accepter qu’elle me coupe aussi d’une partie du monde puisque je ne peux pas m’adapter. Alors j’accepterai peut être d’être différente et j’arrêterai de vouloir être « comme tout le monde » !

Je ne veux plus m’excuser

Je ne veux plus m’excuser d’être qui je suis.

Je ne veux plus m’excuser d’être hyper sensible voire parfois hyper susceptible…

Je ne veux plus m’excuser d’être hyperestesique.

Je ne veux plus m’excuser de comprendre les choses plus vite que les autres.

Je ne veux plus m’excuser de repérer toutes les incohérences chez ceux que je rencontre.

Je ne veux plus m’excuser d’être logique et de ne pas supporter l’illogisme des autres.

Je ne veux plus m’excuser de comprendre mieux les enfants que la plupart des adultes même (surtout) quand ils sont parents.

Je ne veux plus m’excuser d’être toujours dans la soif d’actualité.

Je ne veux plus m’excuser d’être passionnée et de ne pas connaître la tiédeur.

Je ne veux plus m’excuser d’être d’un seul bloc, sans nuance.

Je ne veux plus m’excuser d’être toujours trop affectueuse, collante ou trop en demande.

Je ne veux plus m’excuser d’être différente.

Je veux assumer d’être surefficience mentale même si pour cela je perds encore des gens qui ne me comprennent pas…..

Tant de choses ont changé !

J’avais ouvert ce blog pour m’aider, pour parler, peut-être pour rencontrer des gens.

Seule une amie passait de temps à autre et puis un commentaire reçu ce matin d’une jeune fille qui m’a touchée m’a donné envie de revenir écrire par ici.

Que de choses se sont produites durant les deux mois où j’ai été absente de ce blog. Peut être que je gardais mes mots pour ma thérapie, peut être simplement n’ai-je plus éprouvé le besoin de partager ici ce que je ressentais.

Ces deux mois furent intenses, durs, difficiles et pourtant je pense pouvoir dire que j’avance plus dans cette thérapie qu’en 30 ans de thérapie comportementale et cognitive ! Comme je l’ai déjà dit ce n’est pas une psychiatre mais une psychologue que j’ai connu jeune fille. Elle m’a aidé à faire le point sur ma surdouance, découverte qui m’a fait comprendre une bonne partie de ma vie, le rejet des autres parce que je ne pense pas comme eux, parce que je réfléchis trop, j’analyse trop, que je ne sais pas être superficielle, parce que je vois les choses sans masque et que les gens détestent qu’on les voit nus…… Elle m’a fait réfléchir à tant de choses de ma vie. Elle a émis aussi l’hypothèse, contrairement aux autres psys, que je n’étais pas agoraphobe ou très peu, que l’on m’a collé cette étiquette parce que les symptômes « collaient » à cette phobie là. Je souffre plus d’un syndrome de l’abandon poussé à l’extrême du à l’attitude de ma mère lorsque j’étais enfant. Tout s’est construit là. Alors, encore une fois j’ai lu. Lu sur ce symptôme, travaillé seule sur tout ceci et beaucoup de choses se sont débloquées, douloureusement mais débloquées.

J’ai eu aussi la « visite » de l’enfant que j’étais moi qui essayais d’entrer en contact avec mon enfant intérieur depuis si longtemps. C’est effrayant et merveilleux à la fois. J’ai pu lui parler, essayer de la rassurer, la prendre dans mes bras, être la mère qu’elle n’a jamais eu réellement. J’ai pu aussi la laisser s’exprimer à travers ma bouche d’adulte, j’ai parler à mes parents, dit tout ce que je ou elle avait ressenti, ils m’ont écoutée, ils ont accepté ma souffrance, ça a été libératoire.

Mais surtout j’ai pu rester sans mon mari quelques heures en compagnie de ma fille tout de même sans ressentir d’attaques de panique, j’ai même pu laisser mon mari partir pour raison professionnelle tout une journée et la moitié de la nuit sans être submergée d’angoisse. Tout ceci est brutal et rapide, je ne peux encore croire à une guérison ou à une résolution de mes problèmes………………..

Tout ne fut pas simple, les disputes ont été fortes chez moi, mon mari a décidé de suivre lui aussi une thérapie se rendant compte qu’il avait d’énormes problèmes d’enfance, ma fille est en pleine évolution, en pleine mutation et moi en plein bouleversements. Notre amour est fort mais il faut se battre chaque jour pour que les choses s’améliorent et je me sens épuisée, fatiguée, perdue.

Il y a sans doute eu d’autres découvertes, d’autres avancées mais je me rends compte que tout ceci est déjà bien lourd à raconter………….

Alors, jeune lectrice, si vous passez par ici à nouveau, battez vous, la vie est belle, il ne faut jamais baisser les bras et croire toujours en des jours meilleurs parce que vous valez le coup, vous pouvez faire de votre vie ce que bon vous semble et ne pas laisser votre histoire ou vos peurs guider votre vie !

Sortir ses émotions

J’ai la réputation dans ma famille d’être hyper-émotive, hyper-sensible et.

C’est vrai mais dans mon dernier post je précisais que la psy avait mis le doigt là où ça fait mal : je suis douée dans l’intellect, douée dans les mots mais très peu douée pour sortir MES émotions et pas les émotions dues à la musique, aux livres ou au cinéma, des objets-transferts qui me servent à exprimer des émotions mais pas les miennes en propre.

Depuis j’ai essayé de faire taire un peu mon intellect (me concernant tout du moins), faire taire mon flot de paroles et je me suis concentrée sur mes émotions. Ce fut difficile, très difficile.

Depuis deux mois mon mari fait une déprime-dépression, je ne sais pas trop, due sans doute au travail mais aussi à ma phobie et à un tas d’autres choses. Nous parlons beaucoup (oui ça je sais faire), je lui montre d’autres facettes de son caractère, je lui explique, je l’aide à faire de l’introspection, chose que je fais depuis ma plus petite enfance et qui a toujours aidé tout le monde.

Oui mais voilà, il y a les mots et il y a ce que je ressens…………………

Ce matin la peur, l’angoisse m’ont submergée, envahie, j’avais peur, j’avais honte de cette état mais je savais que je devais aller au fond des choses.

Plein d’émotions de mon enfance, de ma vie entière sont sorties en bloc me laissant à l’état totalement liquide. Sans haine mais avec lucidité et peut-être un peu de colère.

Tous les sentiments de mon enfance sont remontées, tout ce que je cadenasse depuis l’enfance, tel un tsunami, m’a envahie. Le fait que ma mère ait eu du mal à avoir un enfant et que durant ces années d’essai-bébé elle a imaginé le fils qu’elle aurait, ce fils tant rêvé et déjà nommé. Et puis ce fut moi, cela l’a amusé un temps. Alors mon frère est né, ce petit garçon lui ressemblant tellement et moi j’ai été oubliée (mais avais-je été reconnue ?) et quand ce petit garçon adoré est mort elle m’a reproché de ne pas être morte à sa place dans un accès de dépression…………… Personne ne s’est occupé de ce que vivait cette petite fille de 6 ans et puis il y eu les gentils gens qui passaient chez moi en me disant tous : « Elle n’a plus que toi, tu dois t’occuper d’elle, sois sage ». J’avais 6 ans !

Alors maman a voulu immédiatement un autre fils. Pas un autre enfant, je dis bien un autre fils et un an après la mort de l’un l’autre est né. Je l’ai aimé passionnément, il était la vie qui revenait mais je voulais le soustraire à cette mère qui pouvait faire tant de mal. Il a été dur avec moi durant son adolescence, il l’est encore parfois.

Mon père était souvent absent pour le travail pourtant lui m’aimait je le sais mais il se débattait dans son deuil aussi. Pourtant si mon père a toujours été plus proche de moi que ma mère il n’a cessé de critiquer tout ce que j’étais : trop ci, pas assez ça, comédienne, emmerdeuse puis cavaleuse etc…..

Alors j’ai grandi comme j’ai pu, je me suis formée comme j’ai pu, en cherchant dans le regard des hommes ce qui m’avait manqué dans celui de ma mère. Et la phobie est arrivée, très tôt.

J’ai rencontré mon mari a 25 ans, ce fut une évidence pourtant là aussi rien ne fut simple par la suite.  Comme tout le monde il a ses propres problèmes d’enfant et à la quarantaine il a fait le con (pas d’autre mot) en me quittant pour une passade. Là encore j’ai ressenti tout ce que j’avais ressenti enfant, j’ai sombré, coulé. Et puis il s’est rendu compte que l’amour de sa vie c’était moi et il est revenu, essayant de régler ses vrais problèmes de son côté mais pour moi est restée une plaie béante que nous avons soigné comme nous avons pu. La phobie a encore gagné du terrain……..

Aujourd’hui il a d’autres problèmes, pro, familiaux, identitaire et même si je lui tiens la main et l’aide la plaie se réouvre, je me sens coupable de tout ce qui ne va pas. Tout ceci au moment où je découvre et ma surdouance (qui ne m’a guère aidée à être aimée dans la vie) et où j’entame cette nouvelle thérapie.

J’ai fait une pause dans ce post pour voir ma psy et là encore les vannes se sont ouvertes sur tout ce que je garde en moi d’émotions depuis l’enfance. La psy est heureuse de voir enfin de « vraies émotions » sortir, de voir la petite fille qui est en moi s’exprimer. Qu’est-ce que cela va changer ? Je ne sais pas. Y aura-t-il un impact sur ma phobie dont elle pense que je ne veux pas sortir (ça ça m’énerve !) ? Je ne sais pas, je vais continuer à travailler durement sur moi même, mon mari va lui aussi entamer une thérapie et nous allons, comme toujours, avancer ensemble et chacun de notre côté…………..

Le silence est dans les mots

Après 15 jours de plongée dans le monde de l’angoisse en permanence, le cerveau en compote qui n’arrive plus à réfléchir et la peur immense de ce ressenti là, j’attendais avec une grande impatience mon rendez-vous chez la psy pour essayer de comprendre ce qu’il s’était passé lors de cette banale dispute de couple m’ayant entraînée dans cette abîme d’angoisse.

Cette séance a été éreintante, fatigante, épuisante émotionnellement.

Je ne saurai sans doute pas m’expliquer clairement sur ce qui a été dit mais j’ai besoin de coucher par écrit les lignes importantes qui s’y sont dégagées.

  • Même si je fais preuve d’une immense empathie vis à vis des autres, je suis carrément dans une situation de maltraitance vis à vis de moi-même,
  • Mes sentiments d’enfant n’ayant pas eu le droit de s’exprimer j’ai développé d’autres façons de communiquer : la colère par exemple. « La colère est le bouclier de la tristesse » et si cette tristesse ne peut pas sortir c’est la colère qui sort, donc il est plus facile pour moi d’être en colère contre moi-même que de pratiquer l’auto-compassion….
  • L’auto-compassion justement, sentiment que j’essaye de pratiquer depuis quelques temps et qui ne marche pas du tout. Pour être compatissant vis à vis de soi-même il aurait fallu que ma mère fasse preuve de compassion vis à vis de moi dans l’enfance et comme ce ne fut pas le cas……
  • J’ai deux grandes forces : mon intellect et ma parole. Je parle bien, je peux expliquer tout ce que j’ai vécu enfant, je « sais », je « peux dire » mais il est visiblement impossible pour moi de ressentir à nouveau ce que j’ai ressenti enfant.
  • Ce qui amène à plusieurs questions : pourquoi suis-je si dure avec moi-même, pourquoi en dehors de mon mari et ma fille, suis-je aussi profondément malheureuse ? Pourquoi ai-je peur en ma seule compagnie, pourquoi ne puis-je me regarder dans le miroir yeux dans les yeux plus de 10 secondes sans avoir une crise de panique ? Qu’est-ce qui m’effraie tant chez moi ?

Il s’avère aujourd’hui clairement que les thérapies classiques censées guérir l’agoraphobie ne marche pas sur moi (30 ans de tentatives !) car elles ne sont pas basées sur l’affect et l’émotion.

Mais j’ai réussi à comprendre à quel point j’étais forte et courageuse, à quel point je pouvais être fière de moi (aïe j’ai du mal à le dire et à l’écrire). La psy était bluffée de voir ce que j’avais traversé durant 15 jours sans autre aide que mon mari, ma fille et mes rares amis en ne comptant que sur ma force mentale.

Mes devoirs à faire vont être de laisser tomber un peu l’intellect, les mots et de me concentrer sur le ressenti et l’émotion…………

Ok, mais on fait comment ?

Bienveillance

Je suis quelqu’un de bienveillant et d’empathique dans la vie, que ce soit vis à vis des gens que j’aime ou des inconnus dans le besoin.

Mais mon mari me faisait remarquer ce week-end que je n’étais jamais bienveillante vis à vis de moi même. Je pense que je ne suis pas capable de gérer mes peurs, je ne sais pas être douce et réconfortante vis à vis de moi même. Pourquoi ?

Pourquoi puis-je passer des heures à remonter le moral à un ami, à lui montrer tout ce qui est bon chez lui, à lui montrer la force qu’il a en lui et ne suis-je pas capable de faire pareil avec moi-même ?

Pourquoi quand je suis angoissée et que j’ai peur j’ai besoin de mon mari, pourquoi ne puis-je pas essayer de faire avec moi ce que lui fait ?

Comment apprend-on à être tendre, doux et rassurant avec soi-même ?

Pourquoi je n’arrive pas à être ma meilleure amie ? Pourtant je rêve d’avoir une amie telle que moi………………

Je vais essayer d’apprendre la bienveillance vis à vis de moi, l’auto-compassion, je vais essayer de laisser tomber les mots guerriers me concernant et la critique permanente.

Je vais essayer, mais je ne sais pas comment faire………….

Agoraphobie

Il y a 32 ans que je souffre de cette foutue phobie.

32 ans de combat, 32 ans de thérapies infructueuses, 4 psys qui ont fini par me laisser tomber, de thérapies moins classiques, de médecines parallèles, de multiples tentatives.

Et puis il y a 6 ans j’ai tout laissé tomber, trop fatiguée, trop de déceptions.

Mais au fil des années mon champs d’action s’est réduit totalement jusqu’à ne plus pouvoir sortir de chez moi sans mon mari ni rester à la maison sans lui.

Il s’est adapté, il a adapté son travail à la maison.

Oui mais voilà depuis quelques temps mon mari veut sortir travailler quelques jours de temps en temps à l’extérieur car on lui propose de bons contrats et à cause de moi il refuse. Il m’aime mais n’arrive plus à supporter. Je l’aime mais ne n’arrive plus à ME supporter non plus.

Cette phobie est un combat permanent, une lutte faite de découragement et de très peu de récompenses. Sans parler de mon état de santé qui me rend fatiguée en permanence.

J’ai découvert ma surdouance, j’ai compris pourquoi les thérapies classiques ne marchent pas sur moi, j’ai tenté autre chose dont je ne peux pas parler ici, j’ai recommencer une thérapie mais avec une psy spécialisée dans les surdouées. Mais bien sûr tout ceci ne va pas assez vite pour mon mari.

Nous nous aimons mais cette phobie commence à peser trop lourd dans nos vies.

Il faut que je reparte au combat, il faut que je me batte encore en trouvant le bon angle d’attaque. Affronter cette peur ou plutôt l’apprivoiser et ne plus en avoir peur.

Je voudrais tant que tout ceci s’arrête, je suis fatiguée, si fatiguée……………….

Plus envie

Il y a peu ma psy me demandait ce que ça changeait pour moi d’avoir découvert ma suréfficience.

Ça change simplement que j’ai envie d’être moi-même totalement après avoir eu ces explications sur qui j’étais, sur ma façon de fonctionner et que désormais tout prend un sens.

Mais aujourd’hui j’ai 50 ans, sans doute les choses auraient elles été différentes si je l’avais découvert plus jeune et si j’avais eu cette confiance en moi que j’acquiers aujourd’hui.

Je ne suis pas une femme de compromission, je ne sais pas faire semblant, je ne sais pas me contenter de relations superficielles, de discussions de politesse, je n’ai jamais su mais aujourd’hui je crois que je n’arriverais plus à être autrement.

Ce week-end je dois voir mon frère, que j’aime infiniment, mais voilà j’en ai assez d’être vue pour celle « qui pense trop », « qui est vraiment différente » ou « qui pense vraiment pas comme tout le monde » (ce sont les 3 dernières remarques qu’il m’a fait au téléphone par exemple)…………….

Dimanche je dois voir ma belle-mère avec qui je n’ai plus rien en commun depuis longtemps. Parler de tout et de rien, je ne sais pas faire, je n’ai plus envie de me forcer. Ma vie, celle de sa petite fille ou de son fils ne l’intéresse pas. Et moi je ne m’intéresse plus à sa vie vide. Plus envie………….

L’autre jour chez la psy j’avais le sentiment pour la première fois d’être moi-même, entièrement, totalement, sans jugement, sans devoir faire semblant et avec en plus ce sourire bienveillant qui m’encourageait à continuer à être moi même.

Peut-être est-ce une étape à passer mais j’en doute.

Je n’ai plus envie de faire semblant de passer un bon moment avec des gens qui me font suer ou qui ne m’acceptent pas comme je suis réellement. Plus envie.