Sortir ses émotions

J’ai la réputation dans ma famille d’être hyper-émotive, hyper-sensible et.

C’est vrai mais dans mon dernier post je précisais que la psy avait mis le doigt là où ça fait mal : je suis douée dans l’intellect, douée dans les mots mais très peu douée pour sortir MES émotions et pas les émotions dues à la musique, aux livres ou au cinéma, des objets-transferts qui me servent à exprimer des émotions mais pas les miennes en propre.

Depuis j’ai essayé de faire taire un peu mon intellect (me concernant tout du moins), faire taire mon flot de paroles et je me suis concentrée sur mes émotions. Ce fut difficile, très difficile.

Depuis deux mois mon mari fait une déprime-dépression, je ne sais pas trop, due sans doute au travail mais aussi à ma phobie et à un tas d’autres choses. Nous parlons beaucoup (oui ça je sais faire), je lui montre d’autres facettes de son caractère, je lui explique, je l’aide à faire de l’introspection, chose que je fais depuis ma plus petite enfance et qui a toujours aidé tout le monde.

Oui mais voilà, il y a les mots et il y a ce que je ressens…………………

Ce matin la peur, l’angoisse m’ont submergée, envahie, j’avais peur, j’avais honte de cette état mais je savais que je devais aller au fond des choses.

Plein d’émotions de mon enfance, de ma vie entière sont sorties en bloc me laissant à l’état totalement liquide. Sans haine mais avec lucidité et peut-être un peu de colère.

Tous les sentiments de mon enfance sont remontées, tout ce que je cadenasse depuis l’enfance, tel un tsunami, m’a envahie. Le fait que ma mère ait eu du mal à avoir un enfant et que durant ces années d’essai-bébé elle a imaginé le fils qu’elle aurait, ce fils tant rêvé et déjà nommé. Et puis ce fut moi, cela l’a amusé un temps. Alors mon frère est né, ce petit garçon lui ressemblant tellement et moi j’ai été oubliée (mais avais-je été reconnue ?) et quand ce petit garçon adoré est mort elle m’a reproché de ne pas être morte à sa place dans un accès de dépression…………… Personne ne s’est occupé de ce que vivait cette petite fille de 6 ans et puis il y eu les gentils gens qui passaient chez moi en me disant tous : « Elle n’a plus que toi, tu dois t’occuper d’elle, sois sage ». J’avais 6 ans !

Alors maman a voulu immédiatement un autre fils. Pas un autre enfant, je dis bien un autre fils et un an après la mort de l’un l’autre est né. Je l’ai aimé passionnément, il était la vie qui revenait mais je voulais le soustraire à cette mère qui pouvait faire tant de mal. Il a été dur avec moi durant son adolescence, il l’est encore parfois.

Mon père était souvent absent pour le travail pourtant lui m’aimait je le sais mais il se débattait dans son deuil aussi. Pourtant si mon père a toujours été plus proche de moi que ma mère il n’a cessé de critiquer tout ce que j’étais : trop ci, pas assez ça, comédienne, emmerdeuse puis cavaleuse etc…..

Alors j’ai grandi comme j’ai pu, je me suis formée comme j’ai pu, en cherchant dans le regard des hommes ce qui m’avait manqué dans celui de ma mère. Et la phobie est arrivée, très tôt.

J’ai rencontré mon mari a 25 ans, ce fut une évidence pourtant là aussi rien ne fut simple par la suite.  Comme tout le monde il a ses propres problèmes d’enfant et à la quarantaine il a fait le con (pas d’autre mot) en me quittant pour une passade. Là encore j’ai ressenti tout ce que j’avais ressenti enfant, j’ai sombré, coulé. Et puis il s’est rendu compte que l’amour de sa vie c’était moi et il est revenu, essayant de régler ses vrais problèmes de son côté mais pour moi est restée une plaie béante que nous avons soigné comme nous avons pu. La phobie a encore gagné du terrain……..

Aujourd’hui il a d’autres problèmes, pro, familiaux, identitaire et même si je lui tiens la main et l’aide la plaie se réouvre, je me sens coupable de tout ce qui ne va pas. Tout ceci au moment où je découvre et ma surdouance (qui ne m’a guère aidée à être aimée dans la vie) et où j’entame cette nouvelle thérapie.

J’ai fait une pause dans ce post pour voir ma psy et là encore les vannes se sont ouvertes sur tout ce que je garde en moi d’émotions depuis l’enfance. La psy est heureuse de voir enfin de « vraies émotions » sortir, de voir la petite fille qui est en moi s’exprimer. Qu’est-ce que cela va changer ? Je ne sais pas. Y aura-t-il un impact sur ma phobie dont elle pense que je ne veux pas sortir (ça ça m’énerve !) ? Je ne sais pas, je vais continuer à travailler durement sur moi même, mon mari va lui aussi entamer une thérapie et nous allons, comme toujours, avancer ensemble et chacun de notre côté…………..

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Le silence est dans les mots

Après 15 jours de plongée dans le monde de l’angoisse en permanence, le cerveau en compote qui n’arrive plus à réfléchir et la peur immense de ce ressenti là, j’attendais avec une grande impatience mon rendez-vous chez la psy pour essayer de comprendre ce qu’il s’était passé lors de cette banale dispute de couple m’ayant entraînée dans cette abîme d’angoisse.

Cette séance a été éreintante, fatigante, épuisante émotionnellement.

Je ne saurai sans doute pas m’expliquer clairement sur ce qui a été dit mais j’ai besoin de coucher par écrit les lignes importantes qui s’y sont dégagées.

  • Même si je fais preuve d’une immense empathie vis à vis des autres, je suis carrément dans une situation de maltraitance vis à vis de moi-même,
  • Mes sentiments d’enfant n’ayant pas eu le droit de s’exprimer j’ai développé d’autres façons de communiquer : la colère par exemple. « La colère est le bouclier de la tristesse » et si cette tristesse ne peut pas sortir c’est la colère qui sort, donc il est plus facile pour moi d’être en colère contre moi-même que de pratiquer l’auto-compassion….
  • L’auto-compassion justement, sentiment que j’essaye de pratiquer depuis quelques temps et qui ne marche pas du tout. Pour être compatissant vis à vis de soi-même il aurait fallu que ma mère fasse preuve de compassion vis à vis de moi dans l’enfance et comme ce ne fut pas le cas……
  • J’ai deux grandes forces : mon intellect et ma parole. Je parle bien, je peux expliquer tout ce que j’ai vécu enfant, je « sais », je « peux dire » mais il est visiblement impossible pour moi de ressentir à nouveau ce que j’ai ressenti enfant.
  • Ce qui amène à plusieurs questions : pourquoi suis-je si dure avec moi-même, pourquoi en dehors de mon mari et ma fille, suis-je aussi profondément malheureuse ? Pourquoi ai-je peur en ma seule compagnie, pourquoi ne puis-je me regarder dans le miroir yeux dans les yeux plus de 10 secondes sans avoir une crise de panique ? Qu’est-ce qui m’effraie tant chez moi ?

Il s’avère aujourd’hui clairement que les thérapies classiques censées guérir l’agoraphobie ne marche pas sur moi (30 ans de tentatives !) car elles ne sont pas basées sur l’affect et l’émotion.

Mais j’ai réussi à comprendre à quel point j’étais forte et courageuse, à quel point je pouvais être fière de moi (aïe j’ai du mal à le dire et à l’écrire). La psy était bluffée de voir ce que j’avais traversé durant 15 jours sans autre aide que mon mari, ma fille et mes rares amis en ne comptant que sur ma force mentale.

Mes devoirs à faire vont être de laisser tomber un peu l’intellect, les mots et de me concentrer sur le ressenti et l’émotion…………

Ok, mais on fait comment ?

Bienveillance

Je suis quelqu’un de bienveillant et d’empathique dans la vie, que ce soit vis à vis des gens que j’aime ou des inconnus dans le besoin.

Mais mon mari me faisait remarquer ce week-end que je n’étais jamais bienveillante vis à vis de moi même. Je pense que je ne suis pas capable de gérer mes peurs, je ne sais pas être douce et réconfortante vis à vis de moi même. Pourquoi ?

Pourquoi puis-je passer des heures à remonter le moral à un ami, à lui montrer tout ce qui est bon chez lui, à lui montrer la force qu’il a en lui et ne suis-je pas capable de faire pareil avec moi-même ?

Pourquoi quand je suis angoissée et que j’ai peur j’ai besoin de mon mari, pourquoi ne puis-je pas essayer de faire avec moi ce que lui fait ?

Comment apprend-on à être tendre, doux et rassurant avec soi-même ?

Pourquoi je n’arrive pas à être ma meilleure amie ? Pourtant je rêve d’avoir une amie telle que moi………………

Je vais essayer d’apprendre la bienveillance vis à vis de moi, l’auto-compassion, je vais essayer de laisser tomber les mots guerriers me concernant et la critique permanente.

Je vais essayer, mais je ne sais pas comment faire………….

Agoraphobie

Il y a 32 ans que je souffre de cette foutue phobie.

32 ans de combat, 32 ans de thérapies infructueuses, 4 psys qui ont fini par me laisser tomber, de thérapies moins classiques, de médecines parallèles, de multiples tentatives.

Et puis il y a 6 ans j’ai tout laissé tomber, trop fatiguée, trop de déceptions.

Mais au fil des années mon champs d’action s’est réduit totalement jusqu’à ne plus pouvoir sortir de chez moi sans mon mari ni rester à la maison sans lui.

Il s’est adapté, il a adapté son travail à la maison.

Oui mais voilà depuis quelques temps mon mari veut sortir travailler quelques jours de temps en temps à l’extérieur car on lui propose de bons contrats et à cause de moi il refuse. Il m’aime mais n’arrive plus à supporter. Je l’aime mais ne n’arrive plus à ME supporter non plus.

Cette phobie est un combat permanent, une lutte faite de découragement et de très peu de récompenses. Sans parler de mon état de santé qui me rend fatiguée en permanence.

J’ai découvert ma surdouance, j’ai compris pourquoi les thérapies classiques ne marchent pas sur moi, j’ai tenté autre chose dont je ne peux pas parler ici, j’ai recommencer une thérapie mais avec une psy spécialisée dans les surdouées. Mais bien sûr tout ceci ne va pas assez vite pour mon mari.

Nous nous aimons mais cette phobie commence à peser trop lourd dans nos vies.

Il faut que je reparte au combat, il faut que je me batte encore en trouvant le bon angle d’attaque. Affronter cette peur ou plutôt l’apprivoiser et ne plus en avoir peur.

Je voudrais tant que tout ceci s’arrête, je suis fatiguée, si fatiguée……………….

Plus envie

Il y a peu ma psy me demandait ce que ça changeait pour moi d’avoir découvert ma suréfficience.

Ça change simplement que j’ai envie d’être moi-même totalement après avoir eu ces explications sur qui j’étais, sur ma façon de fonctionner et que désormais tout prend un sens.

Mais aujourd’hui j’ai 50 ans, sans doute les choses auraient elles été différentes si je l’avais découvert plus jeune et si j’avais eu cette confiance en moi que j’acquiers aujourd’hui.

Je ne suis pas une femme de compromission, je ne sais pas faire semblant, je ne sais pas me contenter de relations superficielles, de discussions de politesse, je n’ai jamais su mais aujourd’hui je crois que je n’arriverais plus à être autrement.

Ce week-end je dois voir mon frère, que j’aime infiniment, mais voilà j’en ai assez d’être vue pour celle « qui pense trop », « qui est vraiment différente » ou « qui pense vraiment pas comme tout le monde » (ce sont les 3 dernières remarques qu’il m’a fait au téléphone par exemple)…………….

Dimanche je dois voir ma belle-mère avec qui je n’ai plus rien en commun depuis longtemps. Parler de tout et de rien, je ne sais pas faire, je n’ai plus envie de me forcer. Ma vie, celle de sa petite fille ou de son fils ne l’intéresse pas. Et moi je ne m’intéresse plus à sa vie vide. Plus envie………….

L’autre jour chez la psy j’avais le sentiment pour la première fois d’être moi-même, entièrement, totalement, sans jugement, sans devoir faire semblant et avec en plus ce sourire bienveillant qui m’encourageait à continuer à être moi même.

Peut-être est-ce une étape à passer mais j’en doute.

Je n’ai plus envie de faire semblant de passer un bon moment avec des gens qui me font suer ou qui ne m’acceptent pas comme je suis réellement. Plus envie.

Antisémitisme

Je vais me quitter un peu moi pour revenir à ce que j’aime tant dans la vie : l’actualité.

Depuis ce week-end circule donc la pétition lancée par Philippe Val contre le nouvel antisémitisme ambiant. Et bien sûr le sujet me touche, moi petite fille de la Shoa et surtout  cela fait des années que je dénonce ce qui est en train de se produire et que je n’ai face à moi que des sceptiques, des gens qui ne comprennent rien ou encore des antisémites déguisés.

Car oui, la France est encore un des seuls pays où l’on se fait tuer PARCE QUE l’on est juif ! Mais cela il ne faut pas le dire ! Ou pire, j’entends à gauche et à droite, je le lisais encore ce matin chez un écrivain que j’aime beaucoup, qu’il ne faut pas hiérarchiser le racisme, qu’un raciste restait un con comme un autre et qu’il ne fallait pas isoler l’antisémitisme.

Il y a le racisme anti-noir, le racisme anti-blanc, le racisme anti-flics tellement en vogue en ce moment, le racisme anti-ce-que-vous-voulez et il y a l’antisémitisme ! Mais quand on parle d’un noir jeté d’un pont, d’une ratonnade ou d’un autre crime atroce on ne compare pas avec un autre racisme débile. Par contre quand on parle d’un juif assassiné on dit  systématiquement : « mais pourquoi les juifs se plaignent-ils de la mort de l’un d’eux, c’est un meurtre raciste et odieux point ?! »

Je suis toulousaine en plus d’être à moitié juive (oui pas vraiment juive parce que ma maman ne l’est pas et pourtant…) et lors des attentats de cette pourriture de Mérah (rien que d’écrire son nom me brûle les doigts) à l’école juive j’ai eu cette réflexion : « Mon Dieu, cela recommence » et là j’en ai pris plein la tête ! « Enfin ce sont des enfants surtout que l’on a tué, rien à foutre qu’ils soient juifs » ou « oh vous les juifs ça y est vous allez recommencer à jouer aux martyrs » ! Bien sûr que ce sont des enfants d’abord qui ont été tués mais ils n’ont pas été assassinés parce qu’ils étaient enfants mais bien parce qu’ils étaient juifs bon sang ! Et à l’époque où je disais cela la seule personne dans les médias à dire comme moi était Latifa Ibn Ziaten qui a prédit, comme moi, ce qui allait se passer ! Et oui j’avoue, Latifa est mon idole depuis longtemps !

Et ne venez pas me parler du conflit israelo-palestinien, cela n’a rien à voir avec le sujet et qui n’est qu’un prétexte pour certains musulmans radicaux pour « tuer du juif » ! La politique extrémiste pratiquée par le gouvernement israéliens n’a rien à faire dans ce racisme qui se nomme antisémitisme ……… Tant que les autorités musulmanes (ha oui il n’y a pas de clergé dans cette religion !) ne dira pas plus ouvertement à certains abrutis que l’appel à tuer le juif a été ordonné dans un certain contexte, à une certaine époque, rien ne changera ! Les catholiques eux mêmes ont déjà fait ce travail de réécriture des évangiles.

Mais le sujet est sensible en France, n’oublions jamais que beaucoup de français ont « donné » des juifs aux allemands quand ils ne les ont pas condamnés eux même sans ordre comme au Vel d’Hiv où mes grands-parents ont été conduits comme tant d’autres ! Il vaut mieux parler des résistants (et merci à eux d’être ce qu’ils étaient) mais le sujet est tabou en France. J’ai aussi eu des grands-parents (les autres donc) pétainistes à leur heure qui me parlaient avec honte de ce qu’ils pensaient des juifs avant que leur fille n’épouse un juif et qu’ils n’apprennent l’histoire de cette autre famille………….

Ce matin j’ai publié sur FB la fameuse pétition contre l’antisémitisme à signer et devinez qui l’a signée dans mes contacts et amis : 2 juifs, point. Les autres ne sont pas concernés comme toujours.

Et pour finir je parlerai du nombre de juifs présents en France qui se réduit chaque années un peu plus, dramatiquement plus et du nombre de votes que cela présente par rapport aux votes musulmans, alors continuons à ne pas faire de vagues, continuons à ne pas parler de ce qui fâche, continuons à fermer les yeux et ce peuple juif persécuté depuis la nuit des temps finira par mourir et les extrémistes auront gagné. Et continuons à écouter l’extrême gauche et l’extrême droite et vous verrez que mes prédictions s’avéreront exactes……………..

Et maintenant ?

Voilà, j’ai lu, étudié, travaillé sur le sujet cité précédemment….

J’ai enfin eu mon rdv avec la psy que j’aime tant mais dont j’avais peur qu’elle ne « sache » pas, qu’elle ne maîtrise pas le sujet comme tant d’autres psys vus avant elle.

Elle a souri, ri, elle a acquiescé à mes explications, elle a fait duré la séance plus d’une heure, elle s’est sortie brillamment des questions que je savais pièges comme les tests de QI, elle a confirmé ma suréfficience, elle m’a parlé des enfants surdoués qu’elle avait en thérapie, du monsieur qui est arrivé il y a 5 mois exactement dans les mêmes conditions que moi avec ses livres dans une poche, de sa découverte identique à la mienne, elle m’a demandé ce que j’attendais d’elle, elle a proposé de m’accompagner et de ne surtout pas m’enfermer dans un modèle de thérapie, j’ai même pu lui parler de l’essai thérapeutique parallèle que j’accomplissais, ce que je ne pensais pas pouvoir dire à un psy, en bref elle a été fantastique et je me suis enfin sentie moi même, j’ai enfin pu être moi même, respectée, reconnue pour ce que j’étais.

Il parait que j’ai beaucoup changé physiquement et moralement durant les 6 mois qui se sont écoulés, mes amis le disent aussi.

Voilà j’ai envie de dire : et maintenant ?

Mon mari prend tout ceci en apparence bien, heureux pour moi mais je sens un malaise au fond de lui. Je sais qu’il n’est pas bien en ce moment, qu’il se pose mille questions professionnelles, personnelles etc… Mais lui est un taiseux. Il faut deviner, le pousser à parler, c’est ce qu’il attend………..ou pas parfois parce que je me fais envoyer sur les roses, il parait que je ne leur permet pas d’avoir un jardin secret, d’aller mal sans avoir envie de le dire, il parait que ma faculté à tout deviner, à tout sentir est usante ! J’en ai conscience comme ma peur de l’abandon, de la solitude, du rejet.

Je me sens plus forte avec la découverte de ce que je suis mais en même temps aussi plus fragile, comme un vase fêlé que chaque coup fragilise encore plus.

Et maintenant que vais-je faire ?

Je continue cette tentative entamée sur ma phobie, avec espoir mais sans vraiment y croire. Je continue à découvrir qui je suis avec l’aide de ma délicieuse psy que j’ai connu alors qu’elle n’était que la pionne de ma fille, je sais que j’avance en aidant au passage mon mari a passer ce cap de la cinquantaine qui a l’air de lui faire si peur, ma fille qui a du mal à trouver sa place dans le monde, ma mère vieillissante, mon père loin et pas très en forme.

Toute ma vie n’aura été que recherche de la vérité, recherche de qui je suis, l’absolue nécessité de comprendre tout ce qu’il y a autour de moi et en moi.

Et maintenant il va falloir que ma phobie trouve une porte de sortie pour que je puisse libérer mon mari et me libérer moi même, réapprendre à vivre sans elle, mais peut être que là encore je vais trop vite………….

L’observatrice pour le coup très silencieuse !

Je n’écris plus beaucoup et ne suis donc plus beaucoup lu, c’est de ma faute, trop de choses se passent sous mon crâne en ce moment.

J’ai parlé du premier livre lu « par hasard » (je ne crois pas aux hasards) sur les surefficients mentaux, de ma reconnaissance dans les descriptions, j’ai parlé du deuxième livre entamé dans lequel je ne me reconnais pas tout à fait et pourtant je l’ai continué en en lisant de grandes parties à mon mari et ma fille qui eux m’ont reconnue totalement  ! Alors oui effectivement ce livre, même s’il décrit les cas très spéciaux et médicaux, me décrit aussi. Mais comme cela ne me suffisait pas et que mon cerveau bouillonnait et que j’étais dans un état émotionnel perturbé, j’ai posé des questions à monsieur Google, je suis tombée sur « le » forum des surefficients mentaux, j’ai lu et j’ai beaucoup vu d’avis sur un livre que je me suis empressée d’acheter car il parlait de « la névrose du surdoué » : l’agoraphobie dont je souffre depuis 32 ans et dont aucun psy n’arrive à me sortir.

J’ai lu ce petit livre en 2 heures, à haute voix pour le partager avec mon mari, je l’ai lu en pleurs, chamboulée une fois de plus parce que l’on parlait de moi, de ma façon de penser, de ma façon de réagir et surtout de mon agoraphobie.

Mais comme je ne suis jamais sûre de moi, j’ai cherché qui était cette femme, j’ai fouillé, j’ai vu son site, j’ai regardé ses vidéos et une fois de plus j’ai pleuré bêtement. Mais bien sûr, moi l’agitée du bulbe, je ne suis toujours pas sûre alors voyant que cette psychanalyste-écrivain proposait des consultations par téléphone et des détections de la surdouance, mon mari m’a obligée à prendre rdv, ce qui fut un effort surhumain pour moi…………….

Elle m’a téléphoné le lendemain matin à 9h, nous avons parlé à bâtons rompus, nous parlions la même langue. Au bout d’un petit moment elle m’a dit : « Bon, on va arrêter là pour la détection hein, vous êtes suréfficiente, je le sais, vous le savez, on le sait, c’est une évidence » et puis elle a voulu parler de mon agoraphobie qu’elle a vécu durant 30 ans aussi. Pour cette partie là je n’ai pas encore envie d’en parler car son expérience de guérison est pour le moins « pas catholique », j’ai eu envie de tenter ce qu’elle me proposait, j’en parlerai peut-être plus tard………….ou pas.

Ce que j’ai appris durant ces 2 mois de découvertes, de recherches, de travail sur moi même, de lectures sans encore être vraiment sûre est que je suis surefficiente mentale et je comprends tout à coup 50 ans de vie, de galères, de relations compliquées, j’apprends comment fonctionne mon cerveau avec bonheur, je digère tout ceci, tout prend une place, tout prend sa place.

Bien sûr je doute toujours et je cherche le moyen d’être sûre même si au fond de moi je suis convaincue (paradoxe quand tu nous tiens), beaucoup disent qu’il faut éviter les tests de QI crées pour certaines personnes pour certaines personnes dans la norme, d’autres disent d’essayer mais je sais que la suréfficience ne se situe pas que dans un chiffre de QI mais dans beaucoup d’autres domaines émotionnels, affectifs, relationnels et j’en passe.

Alors aujourd’hui je comprends pourquoi je suis une observatrice pas toujours silencieuse et je m’apprivoise jusqu’à ce que je sois enfin sûre…………..et si par hasard certains sont intéressés par une définition de la suréfficience ou tout simplement si j’en ai envie, je ferai un prochain post pour expliquer tout ceci.

Remise en question (permanente ?)

Je n’écris plus beaucoup ici.

Manque de temps, peut être aussi peur du jugement des autres, remise en question importante à cette étape de ma vie. Pourtant je sais que certaines amies me lisent sans commenter mais j’ai du mal à m’exprimer ici en ce moment……………

Dans mon dernier post je parlais d’intelligence et d’un livre qui avait bouleversé ma vision de moi-même et de ma vie en général.

Ce livre je l’ai relu 2 fois, pour être sûre, parce que j’avais l’impression d’avoir mal compris, de m’être trompée. J’ai annoté, surligné, noté, tout correspond même ce qui, à priori, ne me concernait pas à la première lecture.

Cela a suscité beaucoup de discussions dans ma petite famille, tout le monde a été d’accord pour confirmer que la description de ce livre sur les surefficients mentaux me correspondait parfaitement. Ma meilleure amie m’a écoutée patiemment durant de longues heures, a ri, souri car elle savait tout ce que je lui lisais sans forcément mettre des mots dessus. J’ai été mal, chamboulée, remuée, j’ai vu toute ma vie défiler sous un angle différent. J’ai repris contact avec ma psy qui est en arrêt maternité, j’ai un rdv pour dans un mois.

Mais bien sûr comme je doute toujours de moi, de cette découverte là, de tout en fait j’ai voulu acheter un autre livre reconnu sur le sujet. J’ai couru les grandes librairies où il était en rupture alors je l’ai commandé sur internet.

Je l’ai reçu hier, j’ai déjà lu une grande partie et je ne l’aime pas. Ce livre est soi-disant « la bible » des suréfficients mentaux, des zèbres ou des surdoués comme vous voulez, mais ses descriptions sont trop médicales pour moi, ses exemples trop noirs, comme si elle noircissait le tableau, les exemples car c’est ce qu’elle voit en consultation.

Je ne me reconnais pas dans ses descriptions ou juste un peu et du coup je doute encore et toujours. Je suis perdue. Ma meilleure amie me dit de me faire confiance, de faire confiance à ce que j’ai lu et compris mais je ne sais plus……….

J’ai besoin de l’avis ou de l’approbation d’un professionnel mais quand on voit que la plupart des professionnels ne savent pas diagnostiquer une suréfficience mentale je suis encore plus dans le doute et encore plus perdue ! Pourquoi me direz-vous as-tu besoin de savoir, pourquoi as-tu besoin de cette reconnaissance ? Sans doute pour mieux comprendre ce sentiment d’être « à part » que je connais depuis l’enfance, ce sentiment d’être si différente de la plupart des gens, ce sentiment de penser plus vite et plus lucidement que la plupart des gens qui m’entourent et aussi, j’en suis sûre, une explication à mes énormes problèmes de phobies qui ont trouvé une raison dans cet état de fait là.

Je vais continuer ce livre là, attendre patiemment ce rdv chez la psy mais je ne pourrai pas arrêter de me poser mille questions……….

Intelligence

En fait en écrivant ce post je me demande si j’ai raison et comment il va être pris, mais comme je n’ai pas mille lecteurs je me dis que dans le fond je devrais oser…….

Depuis que je suis petite je suis effarée, scandalisée, énervée et tant d’autres mots par la bêtise des gens, par le fait qu’ils ne voient pas des choses pourtant évidentes, par leurs incohérences, leurs actes en non-équation avec leurs mots et surtout leur manque de volonté de se voir tel qu’ils sont et d’évoluer.

J’ai toujours été « à part » comprenant souvent les choses bien avant les autres.

La semaine dernière en faisant du shopping je suis « tombée » sur un livre qui m’a parlé : « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant ».  J’ai sauté dessus et l’ai acheté mais en le commençant j’ai été un peu déstabilisée car il parlait des suréfficients mentaux, autrefois appelés surdoués. Je me suis donc dit que ce livre ne s’adressait pas à moi mais que peut être je pourrais y trouver des pistes tout de même. Mais là est la surprise car je me suis rendue compte que je correspondais à 70 % aux gens décrits dans le livre jusqu’aux attaques de panique dont je souffre………. En continuant ma lecture je suis passée de surprises en surprises, les tests de QI à fuir fabriqués par une majorité moyenne qui ne correspondent pas à des minorités (je suis nulle devant ces tests de mathématiques, de formes schématiques etc, ils me font paniquer totalement),le fait qu’il existait de multiples intelligences, le comportement des gens, un certain malaise pour ne pas dire dépression etc……..tout un tas de chapitres dans lesquels je me reconnaissais.

Jusqu’à un paragraphe, un tout petit paragraphe qui m’a laissé tremblante tant il décrivait mon enfance :

« C’est donc dès sa construction que l’estime de soi des surefficients mentaux part sur de mauvaises bases. Même si les parents aiment sincèrement leur enfant, ils vont progressivement être dépassés par ce qu’il est. Les réflexions seront de moins en moins positives : il est « trop ». Trop sensible et émotif, cet enfant est forcément couvé et surprotégé. Ou alors il a les nerfs fragiles ! Trop affectif, cet enfant est collant : toujours dans les jupes de sa mère ! Il pose trop de questions. Ensuite, on va lui reprocher d’être insolent, de chercher ses limites, de pousses les adultes à bout. Dès l’école maternelle, l’avis du reste de la société va venir se conjuguer aux remarques de sa famille  »

Depuis que je suis enfant, en plus d’avoir vécu tout ce qui est décrit plus haut, on me reproche de poser des questions, de chercher à comprendre, d’être insolente mais surtout on cherche (des personnes censées m’aider et me tirer vers le haut) à me rabaisser parce que je suis plutôt intelligente. Je n’ai pas eu le sentiment jusqu’à présent d’être si intelligente, peut être un peu plus intelligente que certaines personnes qui m’entourent mais en comprenant à quel point on cherchait, par peur, par complexe, par complexe d’infériorité à me rabaisser, j’ai fini par comprendre que j’étais peut-être, je dis bien peut-être, plus intelligente que la moyenne et cela ne me rend pas forcément heureuse. Incomprise, seule, doutant de moi sans cesse, cherchant sans cesse le pourquoi du comment, essayant de m’améliorer sans cesse, d’évoluer. Pourtant à chaque fois que j’essayais de m’affirmer, de dire clairement ce que je voyais, ce que je pensais je finissais par me dire à moi-même les mots de ma mère : « mais pour qui tu te prends ? »……….

Même en écrivant ce post j’ai peur de la réaction des gens qui le liront.

Mais hier s’est passé un événement qui m’a fait du mal : j’ai fait souffrir une personne que j’aime en osant être moi-même et il a eu l’impression d’être écrasée par moi alors que je ne faisais que dire des choses évidentes qu’il ne voyait pas. Et tout à coup malgré tout l’amour que je lui porte je l’ai vu tel qu’il était, fragile, et j’ai eu honte de moi, tellement honte. Mais je veux continuer à m’affirmer, à être qui je suis, à apprendre à ne plus avoir honte de mon intelligence mais c’est vraiment très douloureux……….. Parce qu’après tout chacun à son intelligence et chacun a sa façon de voir les choses, même celles qui me semblent tellement évidentes ! Voilà je m’excuse encore…………….